En passant…

Je suis entrée, oui je sais, et je vous ai charmé.
A peine suis-je arrivée, franchie la porte vitrée,
j’ai senti l’intérêt, dans vos yeux étonnés.

C’était inévitable. J’avais le matin même,
mis parfum d’élégance, afin que tous les hommes
se reposent les yeux devant tant d’insouciance.

Je me suis avancée, sans même vous regarder,
m’excuser du retard auprès du prof ignare.
Je devais travailler, un poème m’a stoppé !
dis-je un brin désinvolte, sous vos cils intrigués.

Je me retourne enfin, et viens vous approcher.
Juste le temps pour moi de bien vous regarder.
D’attraper vos deux yeux, et puis de vous sourire.
Un regard droit et franc, pour demander, comme ça,
si j’peux, sans déranger, m’asseoir à vos côtés.

Je m’applique dès alors, et vous oublie bêtement,
me pare d’indifférence, vous snobe superbement.
Un ballet d’écureuil, autour de ma toile folle.
Je trace un oiseau bleu à la sanguine blanche
laissant à votre trouble, la mémoire de mes courbes

Vous, n’arrivez à rien, et vous vous excusez,
Du peu de bruit qu’vous faites, à agacer vos doutes.
Je vous écoute à peine, lors vous vous tenez coi,
ne pas m’effaroucher, peur d’être inadéquat.

Je m’arrange toutefois pour renouer chignon
habilement décoiffée, nuque toute en frisson.
Vous vous perplexifiez à ne savoir mon âge
dans le clair atelier, je sais mes cheveux blancs,
accrocher la lumière tels des reflets d’argent.

On verra bien demain, si je suis, comme ce jour,
bien disposée encor à montrer mes atours,
revêtue de mille fleurs, faisant battre les cœurs

Miette

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