Laetitia

Elle était d’un poète la tendre nièce c’est sûr,
peut-être du grand Cocteau, allez savoir ? Bonsoir !
Elle avait dans la tête toutes les ouvertures,
petite graine de bitume, insolente œuvre d’art.

Somptueusement parée de rousseur flamboyante,
elle était magnifique et sans aucunes limites
dans not` monde étriqué de nonnes anémiques,
ses 13 ans se montraient féroces et dévorants.

Une nuit, entre filles, dans son lit secouées
de rires, de chuchotements et de grande amitié,
pour ne pas, d’un éclat, réveiller grands-parents,
qui dormaient tranquillement ayant couché les enfants ;

Elle m’a volé un baiser et mon ventre s’est noué.
Le cœur en tambourin et la sueur sur mes mains.
Son baiser m’a troublé jusque dans les fondements
pourtant à peine naissant, de ma propre féminité.

Le lendemain, elle a pris, une douche devant moi.
Emportées par la transe de notre jeune amitié,
nous avons bavardé, moi au bord des toilettes
elle sous les reflets d’eau, telle une reine, une sirène.

Elle s’étalait dansante, et charmante et troublante
parfaitement consciente de sa fausse indolence
j’n’avais pas assez d’yeux, au rebord de l’enfance,
pour recueillir, émue, toute sa magnificence.

Elle était d’un blond vénitien,
belle couleur où s’entremêlent
le feu et l’or, perles de soleil
une auréole de vermeil.

A cette féminine splendeur,
Vénus si bien sortie des eaux ,
un tableau du quattrocento
qui m’a donné idée du Beau.

Et c’est trésor au fond de moi
que tu as mis comme petite pluie,
des étincelles de beauté
que j’n’ai jamais pu oublier.

Miette

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