Préparatifs

Quand ta mère a posé, tout près d’elle, sur son lit,
la frêle embarcation qui contenait ta vie,
elle a fait, j’en suis sûre, du mieux qu’elle le pouvait ;
Elle t’a beaucoup, beaucoup, intensément, mal aimé.

Elle t’a donné les clefs de son propre paradis ;
Intelligent, gentil, un peu rêveur aussi,
à défaut d’ossature, te voilà, dès petit,
biberonné de névroses, réussite à tout prix.

Père absent, mère puissante, ambitieuse et très belle,
qui haïssait les hommes et sa vie sans oseille,
papa gentil, chassé du nid, devant tant de véhémence,
mais sa haine, c’est surtout, son horrible impuissance.

Par quelle chaîne de malheur, est-elle ainsi vrillée ?
Elle dit pouvoir, je dis devoir, cela ne se peut concilier ?
Peut-on combler les abîmes, ou seulement abandonner ?
Mais tous les deux, qu’avons-nous fait ? Quel intérêt ? Quelle pitié…

Miette

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