Mutinerie

Les hommes que j’aime tant,
sont comme de grands enfants.


Un jour mon vieil amant s’ennuyait fermement,
à barboter mollement dans toute sa lassitude ;
De ne pas s’occuper, chatouille l’incertitude.
Il allait marmonnant, disait en soupirant :

_ C’est terrible, nom de Dieu, je ne trouve rien à faire
pour pouvoir me défaire de cette envie d’rien faire !

_ Comment ? Mais que dis-tu ? Lui dis-je prestement,
N’as-tu donc dans tes rangs de quoi passer le temps,
plus agréablement, que d’râler en marchant ?
Une passion, un attrait qui te ferait vibrer ?
Dans la toile du jour un petit intérêt,
qui puisse de ton ennui lever la platitude,
que tissent jours après jours toutes nos habitudes ?

_ Non, dit-il tristement, d’un p’tit air dépité,
vraiment je ne vois rien qui puisse me faire envie
dans cet ennui tout gris de fin d’après-midi.
Et toi, ma tendre amie, n’as-tu donc pas d’idée ?

_ Puisque tu me demandes, voici mon cher ami
de te désennuyer, un moyen garanti.
Comme tu m’es sympathique, je te donne le secret
viens donc me caresser, mes lèvres embrasser,
mes promesses rechercher, sous mes parfums dorés.
Faire l’amour à ce jour, est le chemin l’plus court
pour passer du bon temps, dans notre instant présent

_ En effet, c’est pas mal, me dit-il amusé.
_ Et l’avantage certain, dis-je surenchérissant,
c’est qu’avec 5 ou 6 enfançons bondissants
tu te désennuieras tout l’reste de ton temps.

_ Fort bien, lors, ma mignonne ! Allons faire des bébés,
me dit-il rondement, ça va nous occuper.


les hommes ne savent donc pas
que savoir s’ennuyer
c’est apprendre à rêver ?

Miette

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *